Mais où se cache François de Montigny ? Toujours une bonne
question à se poser. Car oui, la réponse peut surprendre. Cette année, on
commence au Caucase.
Pourquoi le Caucase ? Première réponse : parce que je n’y
suis jamais allé. Deuxième réponse : parce que j’avais l’intention d’aller
faire un tour en Tchétchénie et au Daguestan. Plus de détails là-dessus dans
quelques instants.
Mon amour des ex-républiques soviétiques cherchant sa
satisfaction, je suis donc parti de Paris vers Tbilissi, pour me rendre
directement ensuite vers Erevan. Je sais, j’ai quelque peu tardé à partager mes
aventures, vous me trouvez donc à la fin de mon périple arménien. Je ne vous
ferai pas un compte-rendu exhaustif des deux dernières semaines, je vous
condense tout ça en quelques remarques:
-L’Arménie c’est bien chouette.
-Bien joli aussi. Tout comme les Arméniennes. Ouh lala.
-En plus on mange bien. Si vous n’aimez pas l’aneth, vaut
peut-être mieux s’abstenir par contre.
-Qu’est-ce qu’il y a à voir ? Des églises. Beaucoup d’églises.
Si vous en êtes tannés, y’a aussi des monastères.
-Les Arméniens sont extrêmement sympathiques et
accueillants, ce qui rend tout voyage ici agréable. Idéalement, on parle un peu
russe, parce que l’anglais n’est pas très fréquent. Et il y a toujours le
langage des signes, notre langue maternelle à tous.
C’est bref, et je m’en excuse, mais n’y voyez pas un signe
que je n’ai pas apprécié le pays, bien au contraire. Pour moi, par contre, c’est
un peu pépère. Il va me falloir plus de défi que ça.
J’étais quelque peu anxieux avant de partir, comme je le
suis toujours. Je me dis que le confort va me manquer, que c’est fatiguant, que
je n’ai peut-être plus envie de danger comme avant. Je me surprends même à
faire un plan B où je finis sur les plages du Portugal. Mais une fois arrivé,
sans même m’en apercevoir, je rentre dans mes bonnes vieilles habitudes de
voyage comme dans de vieilles pantoufles : ça pue mais c’est chaleureux.
Je réalise que la solitude du voyage en solo me plaît, que
les conditions de vie me sont peu importantes, que rien ne me manque qui ne
soit dans mon sac à dos. Je peux vivre comme ça pendant des mois, peut-être des
années, errant au gré du vent avec curiosité et une soif insatiable de liberté.
C’est certainement la liberté du voyage qui me rend le plus heureux. Je me
surprends dans un minibus bondé sur les routes cabossées de l’Arménie, sueur au
front mais sourire aux lèvres, à réaliser que rarement suis-je plus heureux que
dans ces moments d’errance.
J’y vois un parfait exemple de stoïcisme : on ne s’attache
à rien n’y à personne parce qu’on part le lendemain et on ne reviendra jamais.
Chaque mésaventure doit simplement être prise comme telle, acceptée, puis
dépassée. Les choses viennent à moi sans que je ne les demande, je me laisse
flotter. Et j’adore ça.
Un bel exemple de cette liberté ? Je vous disais que je
prévoyais aller en Tchétchénie et au Daguestan. J’ai fait mes recherches :
démesurément cher. (« Et dangereux, hein ! » Pfft.) Ce n’est toujours
pas exclu, mais voici le plan B. Après la Géorgie et un bref séjour en
Azerbaïdjan (aussi dispendieux), retour en Géorgie, passage en Turquie,
traversée jusqu’à Gaziantep, à la frontière syrienne. De là, Alep. Ben non, je
blague. Je vais néanmoins essayer de me renseigner le plus possible sur ce qui
s’y passe, essayer de rencontrer des réfugiés, bref avoir une idée de la
situation sur le terrain (je devrais d’ailleurs essayer de mettre ça sur
papier, on verra). De Gaziantep, Mersin, puis je rejoins Tripoli (au Liban) par
bateau. J’aime bien les bateaux.
Il est aussi possible que je me rende à Istanbul, tout
dépend du déroulement de la crise. (Contrairement à la plupart des gens, pour
moi ça signifie que si la crise perdure et s’aggrave, j’y vais.) Bref, on
verra. Je peux changer d’idée demain matin, il n’y a que moi pour en décider.
Mon portefeuille aussi, mais il n’est que trésorier du conseil d’administration
de ma volonté, pas PDG, et tant mieux.
Et hop ! Un rapide petit premier post de blogue. Il y en
aura d’autres, promis. À bientôt !
François
P.S : Pour bien rendre justice au très joli pays qu’est
l’Arménie, je vous mentionne que si vous avez la moindre question à ce propos,
n’hésitez pas à me la poser, j’y répondrai promptement.
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